Lors de la Paris Blockchain Week 2026 au Carrousel du Louvre, Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, a pris la parole sur un sujet brûlant : la sécurité physique des détenteurs de cryptos. Face à la recrudescence des enlèvements et des séquestrations, les autorités françaises ont décidé d'accélérer la mise en place de protocoles de défense spécifiques. Le gouvernement français souhaite ainsi protéger les investisseurs contre les « wrench attacks », ces agressions brutales où les victimes subissent des violences physiques pour livrer leurs clés privées.
Un constat alarmant : La France, épicentre mondial des agressions physiques
Les chiffres communiqués par la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) illustrent la gravité de la situation. Depuis le 1er janvier 2026, la France a déjà recensé 41 enlèvements ou séquestrations liés aux actifs numériques, soit une moyenne d'une agression tous les 2,5 jours. Ce phénomène n'est pas nouveau, puisque l'Hexagone occupait déjà la première place mondiale des « wrench attacks » en 2025 selon le rapport de CertiK. Cette dérive criminelle frappe désormais des familles entières, comme en témoigne le rapt récent d'une mère et de son fils de 11 ans dans l'Yonne, libérés de justesse par le GIGN après une demande de rançon de 400 000 euros.
Cette forme de criminalité hybride délaisse les piratages informatiques classiques pour la coercition directe. Des réseaux organisés, souvent pilotés depuis l'étranger, ciblent des entrepreneurs du Web3 identifiés sur les réseaux sociaux ou via des fuites de données massives. Dans certains cas récents, des malfaiteurs ont même usurpé l'identité d'officiers de police pour dérober des fonds importants à des retraités. Pour les experts, cette tendance menace directement l'ambition de la France de devenir le hub européen de la blockchain, car l'insécurité physique pourrait pousser les talents vers l'exil.
La réponse de l'État : Prévention et coopération judiciaire
Pour endiguer cette vague de violence, Jean-Didier Berger a dévoilé les premiers piliers de la stratégie gouvernementale. Une plateforme de prévention spécialisée a déjà ouvert ses portes et compte désormais plusieurs milliers d'inscrits parmi les professionnels du secteur. Le ministre a précisé que ses services travaillent actuellement avec Laurent Nuñez sur un plan d'action plus vaste, dont la présentation officielle aura lieu dans les prochaines semaines. Ce dispositif vise à renforcer la sécurité des domiciles et à sensibiliser les détenteurs de portefeuilles importants aux risques de la visibilité numérique.
Le plan inclut également une coopération accrue avec les services de renseignement pour identifier les commanditaires de ces réseaux, qui tirent souvent les ficelles depuis des juridictions opaques. Jean-Didier Berger a insisté sur la nécessité de transformer la protection des investisseurs en une priorité régalienne. Alors que le cadre réglementaire MiCA assure désormais la clarté financière en Europe, le défi se déplace désormais sur le terrain de la sûreté des personnes. La réponse judiciaire et policière française devra se montrer à la hauteur de l'enjeu pour garantir la pérennité de l'écosystème crypto sur le territoire national.

