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Écrit par Luc José Adjinacou ⁠, Staff Editor.Vérifié par Luc José Adjinacou ⁠, Staff Editor.

Crypto-rapts en France : Laurent Nuñez annonce un « plan de bataille »

Dernières actualitésPubliéMay 18, 2026

45 enlèvements liés aux cryptomonnaies depuis janvier 2026, des victimes de plus en plus ordinaires, un phénomène que le ministre de l'Intérieur lui-même qualifie d'« épicentre » : Laurent Nuñez annonce un plan de réponse coordonné.

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Le ministre de l'Intérieur a accordé une interview dans laquelle il reconnaît que la France est devenue l'épicentre mondial des agressions visant les détenteurs de cryptomonnaies. Il annonce un plan de réponse coordonné. Les chiffres donnent le vertige.

Une violence qui change de visage

La France a déjà recensé 45 enlèvements ou séquestrations liés aux actifs numériques depuis le début de l'année 2026, après 67 affaires enregistrées sur l'ensemble de l'année 2025. C'est dans ce contexte que Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a accordé un entretien à La Tribune Dimanche, décrivant la France comme un véritable « épicentre de ces nouvelles violences ». Les mots qu'il emploie pour décrire le phénomène sont sans détour : home-jackings d'une rare violence, séquestrations, mutilations pour obtenir le transfert de fonds sous la menace. Selon les enquêteurs, les commanditaires identifient souvent leurs cibles via les réseaux sociaux, où de nombreux profils exposent publiquement leur réussite financière, leur train de vie ou leurs investissements.

Ce qui inquiète davantage encore, c'est l'élargissement du profil des victimes. Les entrepreneurs et personnalités crypto initialement visées laissent désormais place à un ciblage de « tous les possesseurs de cryptomonnaies ». Une évolution confirmée par les chiffres inédits publiés par le Pnaco — le pôle national anti-criminalité organisée — qui recense 88 personnes mises en examen dans 12 affaires, dont plus de dix mineurs impliqués comme exécutants.

Un plan de bataille aux contours encore flous

Face à l'ampleur du phénomène, Laurent Nuñez annonce un dispositif structuré. Les autorités traquent désormais les chefs de réseaux à l'étranger et leurs « petites mains » en France, en faisant mieux travailler ensemble les différents services de police et de gendarmerie. Le ministre insiste sur la nature hyperorganisée de cette criminalité, qui délègue les attaques à des exécutants locaux recrutés au sein du grand banditisme. Un volet préventif est également annoncé, avec un travail d'information ciblant directement les détenteurs de cryptos et leurs représentants, pour les inciter à la discrétion et à la prudence.

Reste une question que le ministre n'aborde pas directement : celle des fuites de données. Le phénomène des wrench attacks est en partie alimenté par des bases de données volées, qui permettent aux criminels d'identifier leurs cibles avec précision. C'est précisément l'argument qui a conduit, le 28 avril dernier, la commission mixte paritaire à rejeter l'obligation de déclaration des wallets auto-hébergés : constituer un tel fichier d'État, c'était risquer de créer exactement le type de base de données que le grand banditisme cherche à obtenir. Le plan de bataille annoncé par Laurent Nuñez devra donc aussi répondre à cette dimension systémique — sans quoi la répression ne fera que courir après une criminalité toujours mieux informée.

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