
L'Australie traîne Telegram en justice pour non-suppression de contenus terroristes
Telegram fait face à une procédure judiciaire en Australie après que l'eSafety Commissioner a allégué que la plateforme n'avait pas su détecter ni supprimer des contenus extrémistes partagés par ses utilisateurs.

Telegram, la plateforme de messagerie utilisée par plus d'un milliard de personnes dans le monde, fait face à un défi juridique majeur en Australie, accusée de ne pas avoir empêché la diffusion de contenus liés au terrorisme.
L'eSafety Commissioner, le régulateur australien de la sécurité en ligne, a engagé jeudi une procédure de sanction civile contre Telegram devant la Cour fédérale, selon un communiqué officiel.
L'autorité a allégué que Telegram avait manqué à ses obligations au titre de l'Online Safety Act du pays en matière de contenus « pro-terroristes », en ne donnant pas suite à de multiples signalements d'utilisateurs.
Cette affaire s'ajoute à l'examen international croissant des pratiques de modération de Telegram, dans un contexte de pression judiciaire déjà exercée sur le PDG Pavel Durov en Russie et en France, alors que les gouvernements scrutent de plus en plus la manière dont les grandes plateformes en ligne gèrent les contenus dangereux.
L'Australie affirme que Telegram a ignoré des avertissements répétés
L'eSafety Commissioner a indiqué que son enquête, menée pendant un an, a révélé que Telegram n'avait pas supprimé certains contenus illégaux après en avoir eu connaissance, certains signalements restant visibles pendant jusqu'à trois semaines.
Le régulateur a également allégué que Telegram n'avait pas pris de mesures suffisantes pour prévenir les violations répétées, notamment la suppression des comptes, chaînes et groupes utilisés pour diffuser du contenu pro-terroriste.
Selon l'eSafety Commissioner, Telegram n'a pas non plus détecté des contenus extrémistes déjà connus, y compris des images des fusillades de la mosquée de Christchurch en 2019 et de la tuerie de masse de Buffalo en 2022, avant que ces contenus ne soient finalement supprimés.
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Le régulateur demande des sanctions financières, les violations des règles australiennes de sécurité en ligne pouvant entraîner des amendes allant jusqu'à 54,6 millions de dollars australiens (35,8 millions de dollars américains).
Telegram n'a pas publié de communiqué officiel sur la procédure australienne, mais son compte X officiel a publié une vidéo légendée « liberté d'expression ».
Telegram n'a pas immédiatement répondu à la demande de commentaire de Cointelegraph sur cette affaire.
La Russie intensifie la pression judiciaire sur Durov
L'action judiciaire australienne intervient un jour après que le Service fédéral de sécurité russe (FSB) a inculpé Durov pour avoir facilité des activités terroristes et a annoncé avoir engagé une procédure pour le placer sur une liste internationale des personnes recherchées.
Les autorités russes ont allégué que Telegram n'avait pas supprimé des chaînes, discussions et bots utilisés par les services de renseignement ukrainiens, des groupes terroristes et des organisations extrémistes pour coordonner des attaques, recruter des agents et mener des opérations de cyberfraude.
Telegram n'a pas non plus publié de communiqué officiel sur ces derniers développements judiciaires en Russie, mais a publié une image de Durov faisant un geste obscène de la main.

Source: Telegram Messenger
Durov fait également toujours l'objet d'une enquête en France depuis son arrestation en août 2024 à l'aéroport du Bourget. Les procureurs français l'ont inculpé pour plusieurs infractions, dont la complicité de diffusion de contenus illégaux, notamment liés au crime organisé, via Telegram.
Durov a précédemment critiqué ce qu'il a qualifié de menaces croissantes pesant sur la vie privée en ligne, avertissant que les gouvernements revenaient sur les protections garantissant un internet libre.
« Ce qui était autrefois la promesse d'un libre échange d'informations est en train de se transformer en l'outil de contrôle ultime », avait-il écrit dans un post sur X en octobre 2025.
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