L’artiste Pascal Boyart, figure historique du Bitcoin (BTC) et pionnier de l’art mural intégrant la blockchain, a lancé une charge virulente contre les autorités françaises. Réagissant à la recrudescence des « wrench attacks » — ces agressions physiques visant à extorquer des clés privées par la force — l’artiste a publiquement mis en cause la responsabilité de l'État. Selon lui, la combinaison d'une collecte massive de données personnelles et d'une inefficacité judiciaire croissante place les détenteurs d'actifs numériques dans une situation de vulnérabilité sans précédent face aux réseaux criminels organisés.
L’escalade des violences physiques et l’impuissance du système judiciaire
Le phénomène des « wrench attacks » marque une évolution inquiétante de la criminalité liée aux actifs numériques. Les réseaux criminels délaissent désormais les piratages informatiques complexes et privilégient la coercition physique. Entre 2023 et la fin de l'année 2025, la France a enregistré une quarantaine d'enlèvements et de séquestrations de ce type. Ces attaques, souvent pilotées depuis l'étranger, ciblent des individus identifiés par leurs traces numériques ou par des fuites de données massives. Le passage à l'acte est facilité par le recrutement de complices locaux qui utilisent la violence pour contourner les protections cryptographiques.
Des personnalités influentes ne sont plus épargnées, comme en témoigne la violente agression subie par David Balland, cofondateur de Ledger. Pour Pascal Boyart, cette situation résulte d'un système judiciaire devenu inopérant. Il estime que les autorités échouent à protéger les innovateurs alors que la traçabilité des fonds sur la blockchain permet pourtant d'identifier les flux financiers avec une précision inédite. Cette impunité perçue encourage, selon lui, une criminalité de plus en plus audacieuse qui frappe les investisseurs directement à leur domicile.
Le KYC sous le feu des critiques : de la transparence au danger
Au cœur de l'argumentation de Boyart se trouve une critique acerbe des procédures obligatoires de KYC (Know Your Customer). Détournant l'acronyme en « Kidnap Your Customer » (Kidnappez votre client), l'artiste affirme que la centralisation des données d'identité par les plateformes régulées constitue un catalogue à ciel ouvert pour les malfaiteurs. Pour ce défenseur de la vie privée, l'exigence de transparence imposée par la France agit comme un catalyseur d'agressions en privant les investisseurs de l'anonymat nécessaire à leur protection patrimoniale.
En qualifiant l'État de « 100 % complice », Pascal Boyart s'inscrit dans sa longue tradition de contestation contre le monopole financier traditionnel. Déjà en 2018, avec l'exposition « Bitcoin Art (r)Evolution » à Paris, il prônait l'utilisation de la blockchain comme un outil d'émancipation et de liberté individuelle. Aujourd'hui, il perçoit les politiques de sécurité actuelles comme une « guerre contre la crypto » déguisée, où le contrôle réglementaire l'emporterait sur le droit fondamental à la sûreté.

