Le marché des actifs numériques a enregistré un rebond de 2,5 % ce lundi, porté par les signaux contradictoires émis par le président américain Donald Trump concernant la crise avec l'Iran. Alors que le blocage du détroit d'Ormuz continue de paralyser une partie du commerce mondial, le Bitcoin (BTC) a dépassé les 69 500 $. Cette hausse de 70 milliards de dollars de la capitalisation globale intervient dans un climat de volatilité extrême, marqué par une rhétorique présidentielle oscillant entre menaces d'interventions militaires imminentes et optimisme quant à la conclusion d'un accord diplomatique sous 24 heures.
Ultimatum de mardi et liquidation des positions courtes
Le regain de tension a été déclenché par une publication virulente de Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, menaçant l'Iran de « vivre l'enfer » si le détroit d'Ormuz n'était pas rouvert d'ici mardi. Le président a durci le ton, évoquant des frappes potentielles sur les infrastructures énergétiques et les ponts iraniens. Pourtant, lors d'une interview sur Fox News peu après, il a nuancé ses propos en affirmant que des négociations étaient en cours et qu'une issue favorable était possible rapidement. Ce flou stratégique a provoqué une vague de liquidations massives, totalisant 255 millions de dollars en 24 heures, dont 73 % concernaient des positions de vente à découvert (shorts).
L'escalade verbale survient après plus d'un mois de conflit, une période qui a vu les prix mondiaux de l'énergie s'envoler. Donald Trump, tout en maniant la menace d'une prise de contrôle des ressources pétrolières de la région, semble utiliser la volatilité des marchés comme un levier de pression. Pour les investisseurs, cette incertitude renforce le rôle du Bitcoin comme actif refuge ou, à tout le moins, comme baromètre de la géopolitique mondiale. La capitalisation totale du marché a ainsi atteint un sommet de 11 jours à 2,44 trillions de dollars, portée par l'espoir qu'une résolution, même temporaire, puisse stabiliser l'économie globale.
La pression inflationniste et les espoirs de trêve de 45 jours
Malgré l'agressivité des déclarations officielles, des rapports de presse, notamment d'Axios, suggèrent que des médiateurs régionaux discutent actuellement d'un cessez-le-feu de 45 jours. Ce répit potentiel permettrait de stabiliser les prix du pétrole brut, qui ont grimpé à 112 dollars le baril lundi matin. Cette hausse des coûts énergétiques pèse lourdement sur l'économie américaine, avec des dépenses supplémentaires en carburant estimées à 240 millions de dollars par jour depuis le début des hostilités le 28 février 2026. La prolongation de cette crise pourrait propulser l' inflation (CPI) américaine vers les 3,7 %, un scénario redouté par les marchés financiers traditionnels.
Dans ce contexte macroéconomique tendu, les crypto-actifs bénéficient paradoxalement de leur statut d'alternative au système fiduciaire. Si un accord de paix permanent reste incertain, la simple évocation d'une trêve a suffi à redonner de l'élan aux actifs risqués. La journée de mardi s'annonce donc cruciale pour la trajectoire du prix du Bitcoin et la stabilité financière mondiale.
