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Luc José Adjinacou
Écrit par Luc José Adjinacou,Éditeur
Luc José Adjinacou
Révisé par Luc José Adjinacou,Éditeur

Transparence électorale au Canada : Le gouvernement cible la crypto pour contrer l'ingérence étrangère

Le gouvernement canadien vient de franchir une étape décisive dans la régulation du financement politique en déposant le projet de loi intitulé Loi pour des élections saines et libres (Strong and Free Elections Act). Ce texte vise à interdire purement et

Transparence électorale au Canada : Le gouvernement cible la crypto pour contrer l'ingérence étrangère
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Le défi de la traçabilité et de la transparence financière

Pour les organismes de régulation comme Élections Canada et le Commissariat aux élections fédérales, la nature même des actifs numériques complique l'application de la Loi électorale du Canada.

Actuellement, les cryptos sont considérées comme des contributions « non monétaires », ce qui crée des zones d'ombre, notamment pour les dons de moins de 200 dollars qui ne font pas l'objet d'un rapport détaillé. Stéphane Perrault, directeur général des élections, a exprimé ses inquiétudes devant le Comité de la procédure et des affaires de la Chambre : « Le problème avec ces instruments est qu'ils n'offrent pas de transparence quant à la source originale du contributeur. » Selon lui, bien que ces outils aient une utilité légitime dans l'économie, ils sont inappropriés pour le financement politique où le principe cardinal reste de savoir précisément d'où provient l'argent.

Le Commissariat aux élections a également souligné que l'évolution rapide des paiements numériques engendre des risques significatifs pour les autorités chargées de faire respecter la loi. En qualifiant les cryptomonnaies d'instruments de plus en plus proches de l'argent liquide mais difficiles à suivre, le gouvernement craint qu'elles ne servent de porte d'entrée à des ressources non réglementées. Steven MacKinnon, leader du gouvernement à la Chambre, a réaffirmé que cette mesure est essentielle pour garantir que les élections canadiennes « restent libres, justes et sûres à tout moment », en éliminant les méthodes de paiement dont l'origine est complexe à authentifier.

Un virage politique entre régulation stricte et héritage contestataire

L'incursion des actifs numériques dans l'arène politique canadienne a été ponctuée par des épisodes de forte controverse, au premier rang desquels figure le « Convoi de la liberté » de 2022.  À l'époque, l'utilisation du Bitcoin pour contourner le gel des comptes bancaires imposé par le gouvernement avait mis en lumière la capacité des actifs décentralisés à s'affranchir du contrôle étatique.

Aujourd'hui, sous l'administration de Mark Carney, le Canada adopte une posture de « régulation prioritaire », illustrée par l'introduction de la Loi sur les stablecoins. Si des figures politiques comme Pierre Poilievre ont pu, par le passé, promouvoir l'adoption de la blockchain, le consensus semble désormais pencher vers une surveillance accrue. Pour les acteurs de l'industrie, bien que cette interdiction des dons soit perçue comme marginale par rapport aux enjeux de tokenisation ou de modernisation des paiements, elle confirme la détermination d'Ottawa à garder la mainmise sur la souveraineté financière de ses institutions démocratiques.

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