L’hypothèse d’un pardon présidentiel pour Sam Bankman-Fried s’éloigne. Les marchés prédictifs ajustent leurs probabilités à la baisse, après une prise de parole très médiatisée de ses parents. Une séquence qui relance les tensions autour de l’affaire FTX.
Les marchés prédictifs refroidissent les espoirs
Selon les données de Polymarket et Kalshi, les chances de voir l’ancien dirigeant de FTX obtenir un pardon en 2026 sont désormais estimées à 11 % et 9 % respectivement.
Ces probabilités ont reculé après une interview diffusée le 21 mars, dans laquelle ses parents, Joseph Bankman et Barbara Fried, ont défendu publiquement leur fils.
La baisse reste limitée — quelques points — mais elle reflète un changement de perception sur les chances d’un dénouement favorable.

Une défense qui conteste la version officielle
Dans cet entretien, les parents de Sam Bankman-Fried ont remis en cause l’accusation de fraude. Ils reconnaissent que Alameda Research a emprunté des fonds à FTX, mais contestent toute utilisation abusive.
Selon Joseph Bankman, ces opérations s’inscrivaient dans le fonctionnement normal de la plateforme, où les utilisateurs pouvaient déposer et emprunter des fonds.
Barbara Fried affirme également que l’ensemble des actifs aurait été restitué lors de la procédure de faillite, évoquant une situation où « chaque dollar était présent ».
Ces déclarations vont à l’encontre de la version largement relayée depuis l’effondrement de FTX.
Un passé judiciaire toujours en débat
L’affaire reste complexe. FTX avait engagé une procédure pour récupérer des millions de dollars, accusant les parents de transferts frauduleux, notamment 10 millions de dollars en liquide et une propriété de 16,4 millions aux Bahamas.
Cette plainte a été rejetée sans préjudice en février 2025, laissant la possibilité d’une nouvelle action judiciaire.
En 2026, Barbara Fried a déposé un appel, s’appuyant sur de nouveaux témoignages susceptibles de contester trois éléments clés : l’insolvabilité de FTX, l’impossibilité de rembourser les clients et le déficit d’Alameda.

Une stratégie tournée vers un pardon présidentiel
Les parents de l’ancien dirigeant cherchent désormais à obtenir une grâce présidentielle. Ils dénoncent une procédure biaisée et évoquent une dimension politique dans l’affaire.
Barbara Fried va plus loin, affirmant que l’administration précédente aurait cherché à affaiblir l’industrie crypto.
Dans leur discours, ils tentent aussi de repositionner Sam Bankman-Fried politiquement, en soulignant ses liens avec des responsables républicains, malgré ses dons passés aux démocrates.

Une issue peu probable à court terme
Malgré ces efforts, les signaux restent négatifs. Plusieurs responsables politiques, dont la sénatrice Cynthia Lummis, ont exprimé leur opposition à un pardon. Donald Trump lui-même aurait indiqué qu’il ne comptait pas accorder de grâce.
Dans ce contexte, les marchés prédictifs restent sceptiques. Le contraste est frappant : les probabilités d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran sont estimées à 78 %, bien au-dessus de celles d’un pardon pour SBF.

