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Luc José Adjinacou
Écrit par Luc José Adjinacou,Éditeur
Luc José Adjinacou
Révisé par Luc José Adjinacou,Éditeur

Euro numérique : la BCE veut fixer les règles dès cet été

La BCE veut finaliser les standards de l’euro numérique d’ici l’été. Un pilote est prévu en 2027, avec un lancement potentiel en 2029. Le projet vise à intégrer les paiements européens tout en réduisant la dépendance aux acteurs internationaux.

Euro numérique : la BCE veut fixer les règles dès cet été
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Le calendrier s’accélère pour l’euro numérique. La Banque centrale européenne souhaite finaliser ses standards techniques dès cet été, une étape clé pour préparer concrètement son déploiement dans les systèmes de paiement européens.

Des standards attendus pour lancer la phase opérationnelle

Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, a annoncé que les standards européens du futur euro numérique devraient être définis d’ici l’été. L’objectif est clair : permettre aux banques, commerçants et prestataires de paiement d’anticiper et d’adapter leurs infrastructures.

Une fois ces règles établies, la BCE prévoit de travailler avec les acteurs du marché pour intégrer rapidement ces standards dans les terminaux de paiement et les applications.

L’idée est que les nouveaux équipements puissent être directement compatibles, offrant un avantage aux entreprises européennes dès l’entrée en vigueur du cadre légal attendu en 2026.

Un projet structuré autour d’un pilote dès 2027

Le calendrier se précise. Un pilote de 12 mois devrait être lancé au second semestre 2027. Il testera les paiements entre particuliers et en point de vente dans un environnement contrôlé.

L’objectif est d’être techniquement prêt pour une éventuelle émission autour de 2029, sous réserve de validation législative.

La BCE insiste sur le rôle de l’euro numérique comme infrastructure publique, utilisée par des intermédiaires privés. Les banques et prestataires de paiement proposeront les services et les portefeuilles, tandis que la banque centrale fournira les rails.

Des coûts élevés, mais des bénéfices stratégiques

Le projet représente un investissement significatif. Selon des estimations internes, son coût pourrait atteindre 4 à 6 milliards d’euros sur quatre ans pour les banques européennes, soit environ 3 % de leurs budgets informatiques annuels.

Pour la BCE, ces dépenses doivent être mises en perspective avec les gains potentiels : réduction des frais pour les commerçants, développement de solutions de paiement européennes et moindre dépendance aux réseaux internationaux.

Le projet prévoit également des fonctionnalités d’accessibilité, comme des commandes vocales ou des interfaces adaptées, afin de garantir une adoption large.

Un outil au cœur de la souveraineté financière européenne

Au-delà des paiements du quotidien, l’euro numérique s’inscrit dans une vision plus large. La BCE souhaite maintenir la monnaie de banque centrale comme référence dans un système financier en mutation.

Des initiatives comme le projet Pontes ou la feuille de route Appia explorent déjà l’usage de la monnaie centrale dans les marchés tokenisés.

Cipollone évoque aussi un rôle potentiel dans l’écosystème des stablecoins, où la monnaie de banque centrale pourrait servir d’actif de règlement.

Une transformation en marche

Avec cette nouvelle étape, l’euro numérique passe progressivement du concept à l’implémentation. Les standards attendus cet été pourraient marquer un tournant décisif.

Le projet avance par étapes, entre exigences techniques, débats politiques et enjeux économiques. Mais une chose est claire : l’Europe prépare activement sa monnaie pour l’ère numérique.

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