La pression politique monte autour des marchés prédictifs. Un nouveau projet de loi bipartisan vise désormais directement les plus hauts responsables américains, avec une interdiction claire de participer à ces plateformes.
Une interdiction ciblée pour éviter les abus d’information
Le texte, baptisé PREDICT Act, a été présenté par les représentants Adrian Smith et Nikki Budzinski. Il propose d’interdire aux membres du Congrès, au président, au vice-président ainsi qu’aux responsables politiques nommés de parier sur des événements via des marchés prédictifs.
L’interdiction s’étend aussi à leurs proches, incluant conjoints et personnes à charge.
L’objectif est de répondre à une inquiétude croissante : l’utilisation potentielle d’informations privilégiées pour réaliser des gains financiers.
Selon Nikki Budzinski, des cas récents ont montré que certains traders peu connus avaient réalisé des profits importants sur des événements sensibles, comme des tensions géopolitiques ou des décisions politiques majeures.
Des sanctions financières dissuasives
Le projet de loi prévoit des sanctions strictes. Les contrevenants pourraient être soumis à une amende équivalente à 10 % de la valeur du contrat, ainsi qu’à la restitution complète des gains au Trésor américain.
Cette approche vise à fermer les failles réglementaires et à renforcer la confiance dans les institutions publiques.

Une vague de régulation contre les marchés prédictifs
Ce texte s’inscrit dans un mouvement plus large. Les marchés prédictifs font l’objet d’une surveillance accrue aux États-Unis, tant au niveau fédéral que local.
Plusieurs initiatives ont émergé ces dernières semaines :
– un projet visant à interdire les paris liés à la guerre, au terrorisme ou aux décès
– une proposition pour bannir les contrats assimilés à des paris sportifs ou à des jeux de casino
– des actions judiciaires engagées dans au moins 11 États
Les plateformes comme Kalshi et Polymarket sont particulièrement visées par ces mesures.
Des soupçons d’abus sur des événements sensibles
Les inquiétudes ne se limitent pas aux paris politiques. Certains élus évoquent des cas potentiels d’utilisation d’informations internes pour spéculer sur des événements majeurs.
Le sénateur Chris Murphy a notamment suggéré que des acteurs pourraient avoir profité d’informations liées aux décisions militaires américaines.
Ces accusations renforcent la volonté de réguler un secteur à la frontière entre finance et jeu d’argent.
Un secteur à un tournant
Face à cette pression, certaines plateformes commencent à adapter leurs règles, en limitant l’accès à certaines catégories d’utilisateurs, comme les responsables politiques ou les sportifs professionnels.
Le débat reste ouvert. Les marchés prédictifs sont perçus par certains comme des outils d’anticipation utiles, et par d’autres comme des formes déguisées de paris.
Avec ce nouveau projet de loi, les États-Unis semblent vouloir tracer une ligne claire. Et redéfinir les limites entre information, spéculation… et pouvoir.

