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Luc José Adjinacou
Écrit par Luc José Adjinacou,Éditeur
Luc José Adjinacou
Révisé par Luc José Adjinacou,Éditeur

11 % des Français possèdent désormais des actifs numériques

L'étude annuelle de l'Adan révèle une adoption de 11 % en France pour 2026. Malgré une progression constante, l'Hexagone accuse un retard face à l'Allemagne et au Royaume-Uni.

11 % des Français possèdent désormais des actifs numériques
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L’adoption des actifs numériques en France marque une nouvelle étape de maturité en 2026, bien que sa progression reste modeste. Selon la cinquième édition de l’étude annuelle de l’Association pour le développement des actifs numériques (Adan) et d'Ipsos, présentée ce mercredi 8 avril à Bercy, 11 % des Français détiennent désormais des cryptomonnaies. Ce chiffre affiche une légère hausse par rapport aux 10 % enregistrés en 2025. Si la notoriété du secteur est quasi totale, avec 93 % de la population qui connaît au moins un actif, la France accuse un retard persistant face à des voisins comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

Un profil d'investisseur jeune mais prudent

Le paysage de l'investissement crypto en France conserve des caractéristiques démographiques marquées. Le profil type demeure majoritairement masculin (70 %) et relativement jeune, puisque la moitié des détenteurs a moins de 34 ans. Cependant, les Français font preuve d'une grande retenue dans la gestion de leur patrimoine. Les actifs numériques ne représentent que 14 % de leur épargne totale, un chiffre en recul de trois points sur un an. Cette baisse reflète sans doute les performances mitigées du marché au cours de l'année 2025. La crypto s'impose donc comme une classe d'actifs complémentaire plutôt que comme un substitut aux placements traditionnels comme l'immobilier.

La structure des portefeuilles confirme cette approche mesurée du risque. Environ 80 % des investisseurs français possèdent moins de 5 000 euros en cryptomonnaies. Le Bitcoin (BTC) reste l'actif de prédilection pour 66 % des sondés, suivi par l'Ether (ETH) à 38 %. Cette prudence nationale explique en partie l'écart d'adoption avec les pays frontaliers. Avec un taux de 11 %, la France se situe derrière l'Italie (13 %), la Belgique (15 %) et surtout l'Allemagne, où 17 % de la population a déjà franchi le pas de l'investissement numérique.

L'essor des stablecoins et le retour vers les banques

Une tendance majeure émerge dans les usages de 2026 : l'intérêt croissant pour les stablecoins. Près de 20 % des détenteurs possèdent désormais de l'USDC, un actif adossé au dollar. Plus significatif encore, 88 % des Français envisagent l'acquisition de stablecoins adossés à l'euro à l'avenir. Ce besoin de stabilité monétaire au sein de la blockchain témoigne d'une volonté d'utiliser les actifs numériques pour des transactions courantes ou comme refuge contre la volatilité. Les stablecoins servent de pont entre la finance traditionnelle et l'écosystème Web3, une évolution que l'Adan qualifie de tournant majeur dans les usages.

Parallèlement, la confiance des utilisateurs se déplace vers les acteurs bancaires institutionnels. Près de la moitié des sondés (49 %) préféreraient accéder aux services complexes de la finance décentralisée (DeFi) par l'intermédiaire de leur banque traditionnelle. Ce paradoxe s'explique par une crainte persistante des piratages et des faillites de plateformes natives. La peur d'une mauvaise manipulation lors de l'autoconservation sur des portefeuilles physiques pousse les Français à privilégier la sécurité des intermédiaires régulés. Ce basculement stratégique pourrait inciter les banques en ligne et traditionnelles à accélérer l'intégration des actifs numériques dans leurs offres de services.

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